Bisexuel

Publié le par l'un l'autre

La bisexualité n'existe pas, c'est une vérité, une certitude, d'ailleurs tout le monde le dit : que ce soit les homos incrédules qui profèrent en souriant ironiquement à l'évocation de ce mot : " ce sont des homos qui ne s'assument pas ", ou les hétéros qui assènent
en nous sommant de rejoindre clairement l'un des deux camps : " ce sont des gens qui ne savent pas faire des choix ".

Non, la bisexualité n'existe pas, la preuve : nombre d'entre eux finissent par faire un choix, et dans le cas de ceux que j'ai connus, l'approche de leur trentième anniversaire semble avoir été déterminant dans ce positionnement " définitif ".

D'ailleurs comment la bisexualité pourrait-elle exister ? En effet le schéma classique de la vie amoureuse repose sur le couple, homme et femme de préférence mais de mieux en mieux accepté entre personne du même sexe (heureux homos qui maintenant pacsés, vont pouvoir goûter aux joies du couple officialisé). Couple donc, avec ce qu'il faut de fidélité, que forcément un bisexuel s'il en existait ne pourrait pas mettre en pratique.

Couple, fidélité avec ce fantasme d'amour éternel et exclusif qui reste la référence dans notre société judéo-chrétienne. On peut modifier et élargir la définition du couple, s'arranger en cachette avec la fidélité, réinventer, ce que l'on ne manquera pas de faire
dans quelques années, le concept de la famille, mais non toucher au rêve, à l'absolu, le sens de cette société, non jamais non toucher à ce qui nous tient debout, espérant, le seul objectif de toute une vie (loin des combats sociaux pour le bien-être de chacun), la vraie, la seule religion, j'ai nommé le Grand Amour.

ici



Qu'un bisexuel s'il en existait ne pourrait connaître car il est forcément unique, cet amour, forcément universel.

C.Q.F.D, la bisexualité n'existe pas.

Reste à ceux qui ont voulu continuer à la vivre le plus pleinement, à assumer leurs solitudes, leurs ratages auxquels de nombreux esprits bien intentionnés ne manqueront pas de trouver des explications qui les arrangent.

Non, la bisexualité n'existe pas, du moins je l'espère pour ceux qui auraient pu être tentés, essayer de vivre avec.
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Publié dans J'ai lu

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zorg 20/11/2006 20:56

« La bisexualité existe. Elle existe parce que nous, bisexuel(le)s, déclarons l'être. C'est un sentiment d'être au monde avant d'être un style de vie. Nous sommes attirés affectivement ou sexuellement par des personnes de tout sexe et de tout genre sans nécessairement avoir de pratiques sexuelles, et nous l'assumons. Nous aimons vivre nos désirs, nos plaisirs, nos amours successivement ou simultanément. Nous les vivons - comme les autres - de façon permanente ou transitoire. Nous nous octroyons un large choix de possibilités sexuelles (de la virginité au multipartenariat). Nous ne différons des personnes monosexuelles que par cette double attirance. Parmi nous, certain(e)s vivent leur bisexualité comme un choix, pour d'autres, elle va de soi. Ce que nous partageons, c'est la volonté de l'assumer. »

zorg 20/11/2006 19:56

V'là ti pas que la bisexualité n'existe pas! Comme d'hab, il faut voir de quoi l'on parle. Pas une sexualité n'est identique, aussi multiple que le nombre d'êtres humains. Un individu, une sexualité. Mais comme il faut bien se situer, de la même façon qu'on va dire de tel individu qu'il est susceptible, de cet autre qu'il est colérique ou de celui-ci qu'il est "aware" , on a pris l'habitude de faire des grandes catégories: les hétéros, les homos, les bi étant tout ceux qui restent. On pourrait ajouter les gérontophiles, les zoophiles, les pédophiles, ou que sais-je encore! Le souci c'est que la moral, la religion, la société, chacun défend son territoire et va bannir tel ou telle sexualité. On pourrait essayer de se contenter dans ce vingt et unième siècle d'une seule règle: toute sexualité qui ne vise pas le plaisir de ceux qui la vivent est à proscrire. La nuisance à l'autre (à court terme mais aussi à long terme) est l'inverse de la sexualité. Ainsi on ne peut pas parler de sexualité dans la pédophilie. Et la bisexualité là dedans ? Si ce n'était qu'un mot pour désigner une personne qui a eu l'occasion dans sa vie d'avoir des jeux sexuels avec les deux sexes (par forcément en même temps ;-) ) Quant au fait, de pouvoir tomber amoureux alternativement d'un homme et d'une femme, je crois que cela n'a pas grand chose avoir avec la bisexualité. Je partage cet avis déjà entendu maintes fois qu'il serait bon de ne pas mêler trop souvent amour et sexualité. (même si avec nos éducations et notre histoire cela demande beaucoup d'effort intellectuel...) Je parle bien sûr de ne pas les mêler dans la réflexion. En revanche, au lit, vive ce mélange! La sexualité sera de plus en plus bi dans les expériences de chacun et ce dans les années qui arrivent. Et je crois que cela devrait être un bien, notamment pour la vision des hommes sur les femmes, et donc le monde.