Vivre sa différence au quotidien

Publié le par l'un l'autre

Vivre sa différence au quotidien

Commencer par se découvrir et s'accepter "bi"

Les « bi » s'expriment volontiers sur les difficultés qu'ils (elles) rencontrent dans leur vie quotidienne. Admettre sa bisexualité n'est pas toujours facile, c'est notamment le cas dans un couple où l'un des deux se découvre et se tourmente : comment en parler à l'autre? Ne risque-t-on pas d'être rejeté en le disant, et de se sentir coupable en ne le disant pas?
Sylvie témoigne: « Je n'ai pas le courage d'oser répondre à celle qui me demande "Tu aimes les femmes? Tu n'es pas bi, j'espère? " Je suis amoureuse et j'ai peur qu'elle me rejette, cela me semble impossible de lui dire . Pourtant, j'ai aussi aimé des hommes, et je n'ai pas ressenti de rejet de leur part quand je leur racontais mes amours féminines. Je veux avoir le droit d'aimer une personne pour elle-même, pas pour son sexe. »
Ci-contre, Hermaphrodite découvre avec une indicible expression sa double nature...


Le combat du parcours "bi"

La difficulté de dire sa bisexualité renvoie à une idée reçue très répandue qui consiste à croire que cela n'existe pas. Les gens qui se reconnaissent comme bisexuels se sentent alors nécessairement privés d'existence ce qui leur rend la vie impossible dans tous les sens du terme...


 

Mario raconte qu'il a eu sa première expérience sexuelle avec un garçon de son âge, pendant des vacances: « je pensais que c'était normal de débuter avec quelqu'un du même sexe que moi, mais, après, j'ai eu des petites amies, et je n'ai jamais cessé d'éprouver de l'attirance pour les garçons. Je pensais que c'était une étape dans ma vie, mais pas un style de vie ... »


Si beaucoup de gens débutent leur vie érotique par des expériences homosexuelles, avant de s'installer durablement dans une vie hétérosexuelle, certaines personnes demeurent attirées par les deux sexes tout au long de leur vie . La bisexualité n'est pas nécessairement une étape de développement de la sexualité, considérée sous l'aspect de l'épanouissement érotique, elle peut même être comprise comme un aboutissement.





Laurent parle de sa relation avec son amie : « au début de notre histoire, tout allait bien, notre vie sexuelle était très intense, mais, je n'avais jamais cessé de voir d'anciens amis avec lesquels j'avais eu des aventures. Elle est devenue très jalouse, et m'a posé un ultimatum en exigeant que je fasse un choix. J'ai préféré la rupture parce que je ne pouvais pas et je ne voulais pas m'engager en sachant que cela ne correspondait pas à ce que je suis : bi »


Rejetés par les hétérosexuels, accusés de trahison par les homosexuels

Assumer sa bisexualité c'est souvent s'attirer les réprobations symétriques des homos et des hétérosexuels ! La personne bisexuelle est considérée ni plus ni moins comme coupable de traîtrise par les deux camps... Pourtant il faut rapidement surmonter ce faux problème, vivre sa bisexualité c'est d'abord une question d'amour pour des personnes. Peut-on être amoureux(se) de plus d'une personne à la fois? Tous les couples, quelle que soit leur orientation sexuelle, rencontrent les mêmes problèmes.


Réputés infidèles

Cette question renvoie à un autre préjugé : l'infidélité présumée des bisexuels. On pourrait croire que, face à un choix deux fois plus vaste qu'une personne « monosexuelle », les « bi » soient deux fois plus tentés et surtout actifs, Woody Allen dit des « bi » qu'ils ont deux fois plus de chances que les autres de trouver leur moitié. Or, si l'on en croit les affirmations de Catherine Deschamps dans son livre Le miroir bisexuel , il n'en est rien, les « bi » ne sont pas plus infidèles que les autres, et n'ont pas nécessairement une vie érotique plus intense.



Martin explique comment il parvient à garder l'équilibre : « J'ai la chance actuellement de vivre deux expériences simultanément mais je donne la priorité à ma relation avec elle. Je pense que dans une relation bi, il y a toujours une relation privilégiée avec une personne (quelque soit le sexe). Pour conserver mon équilibre, je privilégie la relation avec la personne avec laquelle je me sens le mieux. Il n'est pas nécessaire de tout dire à l'autre. Je pense avoir le droit à mon jardin secret. A partir du moment où cela ne nuit pas à la relation, je ne vois aucune raison d'en parler.
Il y a eu un temps où je me sentais obligé de me "confesser" à l'autre et de lui faire porter inutilement le poids de mes propres incertitudes. Si une autre relation devait s'imposer dans ma vie je devrais en parler, mais ce n'est pas le cas. J'arrive à rester en équilibre et à vivre pleinement ma vie affective Pour le moment ça marche. »


Le modèle du couple toujours d'actualité...
Dans une discussion sur un forum internet, une question est posée: comment aimeriez-vous vivre dans l'idéal votre bisexualité? Plusieurs options sont proposées:
- Vivre en couple hétéro et avoir une relation sérieuse avec une personne du même sexe en parallèle de votre couple (cette personne là ne vivant pas sous votre toit)
- Vivre en couple hétéro et avoir DES relations avec des personnes du même sexe en parallèle de votre couple (ces personnes là ne vivant pas sous votre toit)
- Vivre en couple homo et avoir une relation sérieuse avec une personne du sexe opposé en parallèle de votre couple (cette personne là ne vivant pas sous votre toit)
- Vivre en couple homo et avoir DES relations avec des personnes de sexe opposé en parallèle de votre couple (ces personnes là ne vivant pas sous votre toit)
- Vivre en ménage à 3
- Vivre une vie de célibataire et vaguer à des relations mixtes...
Ou autre solutions !!!!!
Les participants ont répondu en choisissant en majorité la première option, et plus rarement la seconde. Le modèle traditionnel revu et corrigé en quelque sorte!

Publié dans J'ai lu

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article