Triolisme

Publié le par l'un l'autre

Il est des sexualités et des rencontres dont on se demande comment on a pu s’en passer et surtout au nom de quoi.


Je suis en couple avec Ariane depuis 16 ans et j’ai quatre enfants.
Depuis quelques années, nous avons été amené à goûter au trio.
(Voir article Kamasutrois et Entre elle et lui)
Nous ne voulions guère d’un "coup" en passant lors d’une soirée à vite oubliée. Aussi chacune de nos rencontres a donc donné lieu à plusieurs soirées.

Notre dernière aventure est assez remarquable à plusieurs points de vue.
Utilisant Internet et les sites de rencontres, je reçu une réponse d’un garçon qui se disait intéressé par partager nos soirées de jeux et de détente à trois.
Nous fîmes ainsi connaissance et ce assez rapidement car finalement il ne se passa que deux semaines entre ce premier message et notre première rencontre dans un resto.
Je suis plutôt prudent et préfère habituellement prendre mon temps avant de faire "entrer" un élément nouveau dans notre couple. Mais ici l’échange de mails fut très fourni et un vrai courant s’installa entre lui et moi (ma femme, Ariane, ne suivant pas ce début et découvrit Adrien le jour du resto)

En plus de cette rapidité, autre élément remarquable, l’âge d’Adrien : 23 ans, soit environ une quinzaine d’années de moins que nous.
Cela peut commencer à faire beaucoup mais l’heure passée tous les trois au resto eut tôt fait de rassurer les uns et les autres.

Autre petit miracle, nous nous plumes tous les trois. Adrien trouva Ariane très désirable, et elle même aima le visage d’Adrien ; Quand à moi, je trouvais Adrien très touchant et lui-même ne me trouva pas repoussant !
(Adrien dans ses mail se disait hétéro mais évoquait deux aventures homos par le passé ; le terme bi ne lui convenait pas davantage)

Les choses continuèrent d’aller assez vite car quelques jours plus tard nous retrouvions tous les trois chez nous, partageant un verre dans une ambiance chaude et orangée grâce aux bougies.

Après quelques propos anodins pour entretenir la conversation, je m’éclipsais pour prendre une douche et les laissais tous les deux.
Adrien ne put patienter davantage et, à ma grande surprise, celui que je voyais comme jeune et donc assez peu expérimenté, entrepris d’embrasser langoureusement Ariane.

Lorsque je revins dans la pièce je lisais dans leurs yeux tous le désir qui s’était emparé d’eux. Je proposais d’entamer notre belle soirée par un massage.
Ce que nous fîmes, et bien d’autres choses ensuite…

Elle et lui n’est pas un site pornographique (eh non !), je ne vais donc pas vous raconter par le menu détail notre soirée. Sachez simplement qu’elle fut pleine de tendresse, de sensualité, de plaisir, de complicité, bref de bonheur !

Adrien se révéla, malgré son jeune âge, très brillant et très surprenant, ayant de plus tout à fait saisi toutes les richesses du trio dans lequel il s’agit que chacun trouve son plaisir et que les barrières de catégorie sexuelle n’ont pas lieu d’être.
Un trio, dans notre idée, c’est d’abord trois personnes avant d’être 2 hétéros et un bi ou encore 1 homo, 1 hétéro et un bi. Tout cela devient ridicule et sans intérêt.

Vous avez déjà certainement lu, ici ou là, des histoires érotiques évoquant un trio se faisant du bien.

Moi, je vous parle d’une expérience vécue et d’une réalité. (seuls les prénoms sont inventés)
Pour Adrien, ce trio était une première, un fantasme. Le courant est vraiment bien passé et le sentiment s’est mêlé avec bonheur à nos ébats physiques.
Notre histoire d’amitié sensuelle ne fait que commencer mais elle nous réserve encore des moments de vrais plaisirs.
Adrien est resté dormir à la maison (pour des raisons bêtement pratiques) et il a déjeuné avec notre petite famille le lendemain matin.

En conclusion, sans avoir le goût de faire du prosélitisme, - je me méfie de tous les dogme et tous les ismes - , je vous dis que vivre une sexualité ludique c’est possible et c’est même très salutaire pour nourrir un couple par exemple.

Les conditions sont assez simples : si vous ne confondez guère amour et jalousie, si vous êtes un peu sortie de la culpabilité que notre culture judéo-chrétienne a bien ancré en nous pour faire du corps quelque chose de sale auquel on doit préféré l’âme bien plus louable ; en clair si vous mettez un peu de simplicité dans tout cela, alors ne vous privez pas d’élargir votre domaine de découverte.

Faites en fonction de vos affinités, de vos goûts, de vos barrières, mais surtout ne remettez pas indéfiniment ces découvertes à trop tard.
Entre le routine du couple à deux et les amours tarifiées comme on en trouve dans certaines boites d’échange, il y a la place pour des aventures sexuelles et sentimentales bien plus riches.

Adrien a 23 ans. A son âge, il a déjà vécu en couple plusieurs mois, connu deux brèves aventures homo, et puis a découvert le trio.
Certes, on peut penser que ce n’est pas le cas pour tout le monde et sa maturité lui donne quelques années de plus.
Je m’inquiétais cependant de savoir si, à cette vitesse, il ne redoutait pas d’être à trente ans, las des plaisirs sexuels.
Il me répondit simplement que si vraiment cela arrivait, il ferait autre chose. Il n’avait pas l’air inquiet du tout.

Sachez que Adrien souhaite, tout comme nous, qu’au delà de nos soirées « jeux », nous bâtissions une véritable amitié, c’est à dire se présenter mutuellement des amis.


 

Huit mois plus tard, l'aventure continue.
Nous ne nous sommes vu que quelques rares fois. Différentes péripéties ou paramètres, dont les vacances n'ont pas permis que nous nous voyions davantage.

Adrien a fait une rencontre de son côté qui a duré deux trois mois. Il y a mis fin lorsque il s'est aperçu
que toute sa belle famille le connaissait déjà très bien. L'empressement de la jeune fille contrastait avec son envie à lui de prendre son temps.

Nous avons revu Adrien fin septembre.
Les enfants passaient le WE chez leurs amis respectifs, nous avions toute la nuit et la maison pour nous. Adrien arriva à 20h, nous étions tous les trois ravis de se retrouver. Ariane avait cuisiné avec passion un repas pour trois.
Lors de l'apéro, au coin du feu, nous évoquâmes, avec comme toujours un peu de timidité, le programme de la soirée.
Nous décidâmes de faire le jeu du marquis (voir article: les soirées du marquis) en commençant pour ce soir par le niveau 1. Sans attendre de passer à table, nous commençâmes le jeu. Las, le premier gage tiré nous laissa perplexe:
Le perdant (Adrien en l'occurrence) devait masturber simultanément les participants au jeu pendant trois minutes.
Les participants se limitaient heureusement à Ariane et à moi.
Cela n’avait beau être que le niveau 1, le gage, à ce moment là de la soirée, nous semblait pourtant assez « sérieux »

Nous décidâmes de reporter le gage après le repas car nous risquions de partir sur des chemins trop étroits pour faire demi-tour…

Adrien voulait nous annoncer quelque chose pendant le repas !

Ainsi, dans cette chambre baignée de l’orangé des bougies et surchauffée par Ariane, plutôt frileuse, Adrien avait toujours un gage à exécuter…

Comme je l’ai déjà dit Elle et lui n’est pas un site pornographique et donc je ne raconterais pas dans le détail nos échanges.
Quoi qu’il en soit Adrien s’acquitta très bien de son premier gage.
Nous reprîmes ensuite les cartes et nous réussîmes à en réaliser 7 ou 8 avant d’oublier le jeu.
C’est pas mal, la dernière fois que nous avion fait ce jeu, nous n’avions pu dépasser le troisième gage avant d’être entraîner vers des chemins sans retour.

Adrien, ce soir là, me surpris encore.
Alors que 15 bonnes années nous séparent et que je ne suis pas un novice en matière de joutes sexuelles, Adrien me fit découvrir un plaisir insolite pour moi.
Il était pas peu fier d’ailleurs, affichant un contentement touchant qui pouvait faire penser tout à coup que les rôles s‘inversaient : comme si c’était lui l’homme mur ayant fait découvrir à un partenaire plus jeune les délices du corps.
Cela toucha aussi Ariane. Nous appréçons de plus en plus tous les deux Adrien pour tout ce qu’il est, y compris ses petits défauts de jeunesse.

Notre soirée à trois se termina plus tôt, n’exploitant pas toute la nuit qui nous était offerte. Adrien déclina notre invitation à dormir sur place.
Celui-ci partit, Ariane et moi re goûtions aux joies du corps, juste à deux…
Comme à chaque fois ce partage à trois, non seulement ne desserraient en aucun cas nos liens de couple, mais il leur donnait au contraire toujours un éclairage supplémentaire.

Vraiment, et décidément, pourquoi se priver ?

J’ai déjà dit dans d’autres articles de la série « Pourquoi se priver », combien Ariane et moi étions plutôt satisfaits question entente sexuelle. J’ai dit aussi que nous avions souhaité, il y a quelques années, devancer une probable lassitude que ne manquerait de s’inviter dans notre lit ou la tentation très classique et légitime d’aller voir ailleurs si on y est pas.

Nous souhaitions aller voir ailleurs mais en quelque sorte ensemble !
Et ce histoire de continuer l’aventure commencée quinze ans auparavant qui nous a amené à fonder une famille comme on mène un bateau, avec des matelots et un toit pour abriter l’équipage.

C’est donc ce que nous avons fait avec quelques difficultés au début, - les barrières de notre culture judéo chrétienne à tous sont assez solides - , et avec surtout beaucoup de satisfactions finalement.

Aujourd’hui donc, nous partageons avec Adrien quelques unes de nos soirées. Le plus réjouissant finalement c’est le lien d’amitié qui nous unit bien que naissant.
Ce sentiment qui rend nos jeux érotiques bien plus intéressants qu’une simple séance de gymnastique.
Ce respect mutuel qui permet à chacun de savoir ce qu’il joue dans ce trio occasionnel.
L’aspect naturel de cette relation amène naturellement à se reposer cette question : pourquoi cela n’arrive-t-il pas plus souvent ?
Autour de moi, je vois tant d’amis en couple dont la vie sexuelle s’est asséchée et qui devient à force comme une difficulté supplémentaire entre eux.
Je l’ai déjà dit, le prosélytisme n’est pas ma tasse de thé. Je ne suis pas près de fonder le mouvement pour « les couples qui veulent régénérer leur vie de couple sans pour autant en passer par l’adultère » !

Je veux seulement dire que cette piste en est une pour des couples (notamment) qui désirent légitimement ne pas se résigner à l’abstinence progressive, à la routine étouffante ou à l’adultère.
Adrien est pour nous un ami qui parfois partage notre lit et les plaisirs qui l’accompagnent. Les amis en général peuvent déjà partager notre table, nos cinés, nos vacances, nos sports et tous les moments solennels de notre vie.
Finalement la différence est-elle grande ?

Quand à nous notre aventure continue.
Notre dernière soirée fut agrémentée de vidéo.
Voilà une autre idée qu’elle est bonne ! Mais pas nécessairement originale car je pense que de nombreux couples ont pris l’habitude de filmer ces instants d’intimité à deux.
Ici l’intérêt est d’être plus de deux, et donc ne pas être condamné à laisser la caméra seule dans un coin se débrouiller.
Ce soir là, je souhaitais prendre le temps, comme des envies de tantrisme, des envies de faire durer.
Ariane et Adrien semblaient beaucoup plus pressés et accueillaient d’une moue mes idées de jeu.
J’avais déjà fait quelques images de l’un et de l’autre tandis que nous devisions un verre à la main, dans la chambre baignée de lumière orangée que lui conféraient les multiples bougies.

Pressés donc, nous nous retrouvions rapidement sur le large lit. Mais je m’en dégageais rapidement pour me saisir de la caméra.
Alors que j’ai vu à plusieurs reprises Ariane et Adrien jouaient de leur langue et frottaient leur corps encore habillés lors de soirées précédentes, curieusement le fait de les filmer me procuraient une sensation nouvelle.
Sensation agréable et troublante. Il ne s’agissait pas de jalousie (sentiment qui m’est assez étranger) mais l’impression d’être l’élément extérieur.
Encore une fois, Adrien eut un geste qui vint magnifier l’instant.
Ainsi, ces deux corps couchés que je connaissais bien commençaient à se dévêtir. Moi j’étais là tout proche avec ma caméra, saisissant la chaleur du moment.
Ariane était quasi nue, la tête penchant hors du lit et Adrien entrepris d’utiliser sa langue avec application sur une zone… que vous aurez deviné.
(Je l’ai déjà dit ce site ne se veut pas porno, mais juste parfois érotique, aussi je m’efforce de ne trop en dire)
Alors que je filmais en gros plan Adrien très appliqué, celui-ci ouvrit les yeux et se mit à fixer pendant de longues secondes l’objectif de la caméra, avec intensité.
De cette façon, il m’incluait dans leur jeu de l’instant.

Aussi je posais la caméra pour me joindre à eux.

Enfin, plus tard, j’eux la surprise de voir Ariane quitter à son tour le trio et s’emparer de la caméra.
J’étais là, amusé, à genou sur le lit, un peu interdit de m’imaginer acteur à mon tour, lorsque Adrien entreprit d’user encore de sa langue (voir épisode précédent) mais cette fois ci sur moi.
C’était encore une chose qu’il faisait très très bien.
Voir Ariane nous filmer tandis que Adrien me procurait des sensations délicieuses fut encore un autre grand moment.
Et comme il l‘avait fait avec moi lorsque je filmais, il fixa cette fois l’objectif tout en continuant son art. Un long regard plongeant dans la caméra et qui est très fort à la relecture des images.

La caméra pendant la suite de la soirée fut oubliée.
Et nous connûmes de nouveau de grand moment à trois, chacun soucieux du plaisir des deux autres.
Lors de notre prochaine soirée, nous pousserons plus loin cette expérience cinématographique et j’ai très envie de les filmer et peut être aussi cette fois ci de les diriger.
Peut être arriverais-je à filmer leur jouissance, ce moment d’abandon.

C’est une preuve supplémentaire de la confiance qui s’est instaurée entre nous trois de voir qu’Adrien accepte cette caméra.
Je souhaite à tous de connaître ces instants là où l’amour et l’amitié se donnent rendez-vous pour le plaisir simple de trois corps complices.
Et tout le reste finalement n’a que peu d’importance…


Publié dans J'ai lu

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sur la pratique du triolisme 07/06/2016 18:01

Très intéressante ton histoire! Mais je me demande souvent si le fait de pratiquer du triolisme dans un couple ne va pas détruire toute la relation et la complicité plus tard ? J’admets que c’est une expérience tentante mais il faut quand même réfléchir à deux doigts avant de s’y lancer pour ne pas regretter après.